Austral

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Austral

De Benjamin Colaux | Belgique | 2022 | 1h37

Diffusion(s): 8/11 à 20h

En présence de : Benjamin Colaux, réalisateur


Au bout du monde, trois hommes affrontent la mer australe et ses dangers. Ils quittent leur famille, bravent le froid et les tempêtes pour aller à la rencontre de pêcheurs isolés dans les îles tristement célèbres de l’extrême sud du Chili. Tous s’accordent sur l’importance de perpétuer ce métier de tradition et de partage fraternel menacé d’extinction.
Mais alors que MILTON se fait un nom dans le milieu malgré l’attachement qu’il voue à ses deux jeunes enfants, ANDRES, orphelin, tente de quitter ce métier incertain et sa famille maritime pour se consacrer entièrement à la femme qu’il vient de rencontrer. Ces deux histoires gravitent autour de celle de GUILLERMO tiraillé entre ses blessures familiales et une mer sauvage qui le rappelle inexorablement.
Séance rencontre avec présentation du film et échange post-projection, en présence du réalisateur

AUSTRAL BANDE ANNONCE – de Benjamin Colaux Stenola Productions 2022 from Stenola on Vimeo.

“Austral est un film axé sur l’affrontement de soi illustré par la lutte contre les éléments et les événements en mer. Au travers d’un quotidien instable et peu commun, des choix s’imposent, des peurs surviennent : la peur de l’accident mortel, la peur d’être celui qui reste vivant ou encore celle d’affronter ses propres angoisses pour enfin agir sans remords et sans doute.

La Patagonie chilienne est une région porteuse d’une réminiscence de douleur ancestrale, d’un passé sanglant encore présent dans les veines de ses habitants, venus pour la plupart sous le ciel gris de Punta Arenas avec un espoir : le rêve d’une réussite. Il y a dans ces lieux, l’odeur d’une malédiction planant sur les hommes et les femmes de cette ultime ville du pays qui m’a d’emblée fascinée tant elle répondait à ce que je souhaitais exprimer.

En rencontrant ces hommes exilés de leur terre natale et confrontés à une nature hostile, j’ai trouvé une résonance qui surpasse la peur de disparaître. Mes personnages, et en particulier GUILLERMO, ne craignent plus la mort, ni la noyade, c’est une chose qu’ils ont acceptée contrairement à ce que le spectateur pourrait ressentir quand nous sommes en mer.
Leurs craintes sont plus profondes et résident surtout dans leurs peurs d’abandon, de rejet, de manque de reconnaissance ainsi que dans la difficulté de vivre avec la sensation de responsabilité de la mort de leurs proches en mer.
Mais c’est surtout lorsque nous sommes sur terre que leur mal-être ressort de manière plus explicite et que les émotions familiales se révèlent. Dès que nous reprenons la mer, un effet libératoire apparaît jusqu’à ce que le vent se lève et dévoile les diverses personnalités.”

Benjamin Colaux