Mea Culpa

Films

Mea Culpa

De Patrick Tass | Belgique | 2024 | 1h12 | Tiroir des Saveurs, Ch. de l'Ourthe, 74 - 6900 Marche-en-Famenne

Diffusion(s): Vendredi 25/04-13h30


Le mensonge et la culpabilité sont au cœur de la relation de Patrick avec sa mère Randa. Par le biais de messages audio et appels vidéo collectés à travers les années, il dresse un portrait de la vie de sa mère au Liban et de la sienne en Belgique.

Tour à tour émouvant, provocateur et hilarant, Mea Culpa interroge les liens entre identités nationales et sexuelles d’un jeune émigré palestinien.

Séance organisée dans le cadre du Festival Particip’Art – atelier/rencontre “Les Chavireurs”

Rencontre post-projection avec le réalisateur

Lien vers la bande-annonce :

https://grignoux.be/fr/film/2494/mea-culpa

“”Mea Culpa’ est le premier long documentaire de Patrick Tass.

Un film à la fois touchant et drôle, qui par son dispositif nous amène au plus proche de l’intime : les échanges de vocaux entre Patrick et sa mère, Randa, les appels vidéos, qui parfois s’entrecoupent d’écrans figés et de connexion interrompue, des moments de discussion dans la cuisine, le salon, des parents de Patrick, à Beyrouth.

Des échanges familiaux, qui racontent en filigranes, Patrick, son personnage intérieur, son identité. La culpabilité de vivre en Belgique, de scénariser des pans de sa vie, de ne montrer qu’une partie, protégé par la distance entre Bruxelles et Beyrouth.

La culpabilité de sa mère, d’avoir épousé leur père, Simon, et d’avoir mis au monde Patrick et sa sœur Diana, dans un Liban qui rejette les réfugié.e.s palestien.ne.s, dont ils héritent du statut à la naissance, sans aucune chance de pouvoir y échapper.

Dans le film, on traverse les dernières années, les manifestations à Beyrouth, l’explosion au Port, … la forte marche du temps qui ne laisse place qu’aux événements terrifiants qui s’enchainent sur les 6 dernières années. Qui s’effacent par la beauté et la lumière des petites conversations du quotidien, l’amour filial, le lien puissant. Qui s’estompent par la puissance du personnage de Randa, la mère de Patrick, LA mama méditéranénne ..

Un film totalement ancré dans son époque, par les moyens de communication qui relient Patrick et sa famille, mais aussi pour les questions qu’il porte : identité nationale – qui sommes-nous lorsque les papiers portent une autre identité que le pays dans lequel nous sommes nés -, ou identité sexuelle, et comment être queer en étant issu du monde arabe.”

Valéria Musio

“Patrick Tass fait partie de ces réalisateurs qui réussissent avec brio à traiter un sujet central tout en y développant des problématiques connexes et performe dans sa manière de présenter la complexité du réel

Patrick Tass a 28 ans et habite Bruxelles au moment de tourner ce film. Il est né et a grandi au Liban, où ses parents vivent toujours, mais il a la nationalité palestinienne de son père, car bien que sa mère soit Libanaise, au Liban, ce ne sont pas les mères qui donnent la nationalité aux enfants.

Le réalisateur montre la relation qu’il entretient à distance avec sa mère grâce aux outils technologiques actuels. Cette possibilité moderne permet une grande proximité, vécue à la fois comme une opportunité, mais aussi comme une forme d’intrusion, où le contraste de leurs vies rend le mensonge quasi obligatoire. En toile de fond, le réalisateur s’interroge sur son identité. Sur ses papiers, il est Palestinien, or il existe du racisme au Liban envers ce peuple. En Belgique, il est rattrapé par cette histoire sans arriver à savoir ce qu’il en pense. Au fur et à mesure du film et de sa prise de conscience de l’histoire des Palestiniens, son positionnement grandit.

Patrick Tass nous propose un film sur la culpabilité. Celle portée par sa famille, écrasée par un système, et celle qu’il porte lui, de mentir à ses parents. Peut-être aussi celle, alors que c’est sans doute ce que ses parents souhaitent le plus au monde, de vivre une vie meilleure que la leur…”

LUDIVINE FANIEL, les Grignoux