Werk ohne autor (Never look away)

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Werk ohne autor (Never look away)

De Florian Henckel von Donnersmarck | Allemagne | 2019 | 3h09

Diffusion(s): Ma. 23/04 à 20h



Acteur(s) : De Tom Schilling, Sebastian Koch, Paula Beer,...

La trajectoire d’un artiste vivant sous le régime nazi puis sous le gouvernement communiste en Allemagne de l’Est…
Plébiscité dès son premier long métrage, La Vie des autres, couronné Oscar du meilleur film étranger, Florian Henckel von Donnersmarck renoue aujourd’hui avec cet excellent cinéma à la faveur de Never Look Away (Werk Ohne Autor, ou Une œuvre sans auteur dans son titre original), séduisante biographie romancée du peintre Gerhard Richter.

S’étirant sur une trentaine d’années, le film embrasse trois périodes successives de l’Histoire allemande du XXe siècle, s’ouvrant à Dresde, en 1937, sous la férule nazie, avant de se poursuivre, la guerre terminée, dans l’Allemagne de l’Est communiste et s’achever à l’Ouest, à l’époque de l’érection du mur de Berlin. C’est dans ce contexte tumultueux qu’évolue Kurt (Tom Schilling, vu dans “Oh Boy” de Jan-Ole Gerster ), jeune aspirant peintre dont la volonté d’affirmer sa voix et son style sera mise à l’épreuve des régimes politiques successifs. Combat dans lequel il est rejoint par Ellie (Paula Beer), sa fiancée; histoire d’amour compliquée dès lors qu’il est vue d’un très mauvais œil par le père de cette dernière, le professeur Seeband (Sebastian Koch), médecin tenant de l’eugénisme doublé d’un expert dans l’art de retourner sa veste…

Never Look Away se déploie habilement de sa trame intime à la grande Histoire et vibre d’un élan intense, tout en brassant une myriade de sujets, sondant avec un incontestable à-propos l’acte créatif, mais aussi la façon dont il peut être conditionné et récupéré par son environnement. Le magnétisme fiévreux de ses deux jeunes acteurs, auquel répond le charisme de Sebastian Koch, jouant ici à plein, puis l’art du récit de Florian Henckel font tout. Et le film, nonobstant sa durée hors-normes, se révèle résolument captivant, à quoi la musique de Max Richter et la photographie de Caleb Deschanel apportent encore un surcroît de lyrisme et d’émotion. Une chatoyante réussite.